Le Pacte parisien de lutte contre la grande exclusion et ses premières mesures

Après sa signature le 18 février 2015, le Pacte parisien de lutte contre la grande exclusion a été mis en œuvre au cours de l’année. Le plan d’actions partenarial est décliné en 106 mesures. Parmi elles : la lutte contre le non recours, contre les ruptures de parcours, pour l’amélioration de la politique de prévention des expulsions, pour la création de lieux d’accueil… Fin 2015, plus de 70 % des actions étaient réalisées ou en cours de réalisation.

Organisé en 20 sections d’arrondissement, le centre d’action sociale de la Ville de Paris (CASVP) a pour mission de mettre en œuvre la politique municipale d’action sociale.
Il dispose de 180 établissements recevant du public :

 

  • 16 établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD),
  • 43 restaurants,
  • 69 clubs,
  • 9 centres d’hébergement d’urgence et centres d’hébergement et de réinsertion sociale (CHU-CHRS),
  • 2 bains douches.

 

Dans le cadre du Pacte parisien de lutte contre la grande exclusion, les centres d’hébergement, les permanences sociales d’accueil (PSA) et les espaces solidarité insertion (ESI) ont été mobilisés.

 

Les PSA ont poursuivi l’amélioration de l’accueil et de l’accompagnement des personnes précaires. La présence d’un conseiller Pôle Emploi dans les PSA Bastille (pour les hommes isolés) et Gauthey (dédié aux femmes et familles) ont facilité les démarches d’insertion.
Dans le cadre des opérations d’hébergement, l’ESI René Coty a, lui, été mobilisé pour organiser des évaluations médico-sociales suite à l’évacuation de campements de personnes migrantes à l’été 2015.

 

Enfin, le CASVP a lancé fin 2015 un atelier et chantier d’insertion (ACI) pour amener durablement vers l’emploi des personnes qui en sont très éloignées. Dans ce cadre, 20 personnes en contrat d’insertion réalisent des prestations de bio‑nettoyage dans 4 centres d’hébergement. Ils bénéficient de formations et d’un accompagnement socio‑professionnel dédié.

 

PREMIÈRES HEURES, UN DISPOSITIF EFFICACE

 

Le dispositif « Premières heures » bénéficie aux personnes en situation de grande exclusion, au 1e rang desquelles les personnes sans domicile fixe.

 

Le principe est de pouvoir graduellement augmenter la durée hebdomadaire des missions professionnelles jusqu’à ce que le salarié atteigne la capacité de travailler 16 heures par semaine et puisse être recruté dans le chantier d’insertion de la structure qui l’emploie ou ailleurs.
Entre 2011 et 2015, 13 associations ont intégré le dispositif lancé fin 2010. 267 personnes ont été recrutées et 88 d’entre elles sont sorties du dispositif pour un emploi durable. Pour l’année 2015, 95 nouvelles personnes ont été recrutées par 11 associations.

 

CRÉATION DE CENTRES D’HÉBERGEMENT D’URGENCE POUR L’HIVER

 

Chaque hiver, la Ville de Paris et les bailleurs sociaux mettent à disposition de l’État des sites temporairement inoccupés pour créer des centres d’hébergement d’urgence (CHU). Le développement d’hébergements modulaires sur des terrains non‑bâtis relevant du domaine intercalaire de la Ville est également étudié.

 

ACCOMPAGNEMENT DES JEUNES MAJEURS VERS L’AUTONOMIE

 

Dans la dynamique du Pacte parisien de lutte contre la grande exclusion, un secteur éducatif a été créé au sein du bureau de l’aide sociale à l’enfance. Cette équipe accompagne les jeunes majeurs dans le développement de leur autonomie et dans leur insertion socioprofessionnelle afin de donner un bagage à chacun.

 

FAVORISER L’ACCUEIL DES MIGRANTS

 

Depuis octobre 2015, la Ville a mis en œuvre un Plan d’action pour l’accueil des réfugiés.
Le dispositif hivernal de mise à disposition de locaux pour la création d’hébergements d’urgence a été élargi à l’accueil de migrants en 2015. Le domaine intercalaire et le patrimoine des bailleurs sociaux ont été à ce titre sollicités.

 

Plusieurs exemples :

 

  • 47-49 rue Raymond Losserand (14e) : un immeuble (destiné à la création de logements sociaux) a été mis à disposition d’Emmaüs pour la réalisation d’un centre d’hébergement d’urgence,
  • Ancien lycée hôtelier Jean Quarré (19e) : en janvier 2016, la Mairie de Paris a délégué la gestion du bâtiment à Emmaüs Solidarité pour une durée de trois ans. 145 demandeurs d’asile y sont accueillis dans des conditions dignes.
  • 4 bis rue Coustou (18e) : dans l’attente de la mise en œuvre du programme de logements sociaux, Emmaüs a créé un centre d’hébergement d’urgence et, les Restos du Cœur, un centre de distribution alimentaire.